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Lac Baïkal

Le Baïkal est exceptionnel à tout niveau :
sa taille, son âge, son degré de préservation, les espèces animales qui y vivent. Sa beauté et sa richesse le démarquent totalement des autres lacs de notre planète.

Lac Baïkal – quelques chiffres

Le plus vieux lac du monde : 25 millions d’années
20% des eaux douces non gelées de la planète
La longueur du lac est de 636 km
La largeur maximale est de 79,4 km
Le lac est à une altitude de 455 m
Le plus haut sommet environnant le lac est de 3 491 m
La profondeur la plus importante est de 1 637 m
La transparence maximale est de 42 m
Le lac reçoit l’apport de 365 rivières
La seule rivière qui prend sa source dans le lac est l’Angara
Plus de 1 000 espèces animales y sont endémiques

La Bouriatie

Bouriatie

La république de Bouriatie est l’une des plus belles régions de la Sibérie Orientale. Elle surprend par la diversité étonnante de sa nature qui réunit harmonieusement la grandeur et la puissance du Baïkal, les étendues immenses de la taïga, les rivières abondantes et les cimes enneigées des Saäns. La république de la Bouriatie est située dans la partie sud de la Sibérie Orientale, au sud-est du lac Baïkal. Le territoire de la république s’étend sur 351.300 km2 ce qui correspond environ de 10 à 12 fois la région de la Russie.

La population de la région se chiffre à près de 1 millions d’habitants. Les langues officielles sont le russe et le bouriate. Au sud, la république jouxte la Mongolie, au sud-ouest, la république de Touva, au nord-ouest, la région d’Irkoutsk et à l’est, la région de Tchita.

La Bouriatie bénéficie d’une position géographique avantageuse. Deux grandes lignes de chemin de fer passent par son territoire : le transsibérien et le Baïkal-Amour. Ces lignes relient les régions du centre de la Russie aux pays d’Asie Orientale : La Chine, la Corée du Nord, la Mongolie et d’autres encore.

Lac Baïkal – géographie

Situé dans le sud de la Sibérie, en Russie orientale, le lac Baïkal a une superficie de 31,722 kilomètres; il est aussi grand que les cinq grands lacs nord-américains (lac Supérieur, lac Michigan, lac Huron, lac Érié, lac Ontorio) réunis.
Son volume d’eau est équivalent à celui de la mer Baltique.

À son extrémité sud-ouest se trouve la principale ville de la région : Irkoutsk.
Oulan-Oude est la capitale de la république de Bouriatie.

Lac Baïkal – climat

La région du lac Baïkal est une des plus ensoleillée, sûrement autant que notre Côte-d’Azur.

En moyenne, par rapport aux heures possibles d’ensoleillement, le lac dispose de 59% de temps ensoleillé. C’est surtout en hiver à cause de la stabilité de l’anticyclone sibérien qu’il y a tant de soleil

La température moyenne de Janvier- Février est de -25°C. Le lac permet d’avoir un climat continental. Lorsque la température peut descendre jusqu’à -40°C dans la Sibérie, les environs du lac Baïkal sont à une température se situant entre -16°C à -25°C.

L’hiver est anticyclonique, l’air très transparent, l’ensoleillement maximal.

Lac Baïkal – la banquise

La banquise prend forme sur le lac dès le mois de décembre. Elle est au milieu de l’hiver d’au moins 1 m d’épaisseur et peut atteindre 1,40 m dans le bassin central. Cette banquise est plus solide que celle de la mer car elle ne comporte aucune bulle de saumure.

Dans certaines parties du lac, les plaques de glace s’entrechoquent et forment de spectaculaires amas de glace dont la hauteur peut atteindre 5 m.

La couche de neige n’est pas très importante sur lac car souvent soufflée par le vent; la surface du lac redevient alors lisse.

La transparence exceptionnelle de la glace permet de voir le fond du lac près des berges et mieux encore, des poissons et des écrevisses, mais également ses profondeurs noires.

L’épaisseur de la glace est impossible à préciser à l’œil nu et on ne la devine qu’aux endroits criblés de fissures. Les rochers sont souvent couverts de glace, formant toutes formes des stalactites et stalagmites.

La banquise baïkalienne permet de visiter les grottes hivernales, inaccessibles en été. L’intérieur de celles-ci est très souvent paré de stalactites fabuleuses. Il est possible dans certaines grottes de s’abriter pour passer la nuit.

En hiver, on peut s’y déplacer à l’aide de n’importe quel moyen de transport. Le principal danger provient des failles dans la banquise, failles dont la largeur varie de 0,5 à 2 mètres et qui s’étendent sur des dizaines de kilomètres. Plusieurs de ces failles ne gèlent pas de tout l’hiver, se contractant et s’élargissant régulièrement. Ces failles appelées « stanovaya schel » apparaissent chaque année aux mêmes endroits. Elles forment des sutures thermiques de glace et servent d’articulations à la banquise.

Il existe aussi de petites fissures, les « treschiny » de quelques centimètres de largeur, dont la formation résulte du changement de température entre le jour et la nuit.

À la fin de l’hiver se produit un puissant mouvement des glaces. Certains morceaux de la banquise émergent de façon chaotique, formant des torossy fantastiques, des dédales inextricables.

Lac Baïkal – les vents

Les vents, responsables des tempêtes tant redoutées sur le lac, proviennent des nombreuses vallées qui bordent les reliefs montagneux des deux tiers du lac.

La diversité des vents du Baïkal se reflète dans leurs noms locaux. On en répertorie plus de 30.

La Sarme est le plus fort et le plus redoutable des vents du Baïkal. Il s’échappe de la vallée de la rivière Sarma qui se jette dans la Petite Mer. Sa vitesse dépasse 40m/s. Le vent acquiert toute sa puissance durant la première heure. Il peut souffler 24 heures durant.

Lac Baïkal – l'eau

Le lac Baïkal est le plus pur réservoir naturel d’eau douce potable de la planète. Sa pureté rare et ses caractéristiques exceptionnelles sont conditionnées par l’activité de sa flore et de sa faune. En une année, l’armada de petite écrevisses Epichura qui vivent dans le lac est capable de nettoyer trois fois la couche supérieure de l’eau sur une profondeur de 50 mètres. L’eau du Baïkal contient très peu de matières minérales dissoutes et en suspension, une quantité infime de matières organiques mais beaucoup d’oxygène. L’excès d’oxygène est dû à la circulation d’eau verticale avant le gel et après la débâcle.

Dans le monde il ne reste plus de bassin d’eau utile à la mise en bouteille industrielle, à part le Baïkal.

Dès 1992 a commencé la commercialisation de l’eau du lac en bouteille plastique. L’eau est pompée à une profondeur de 400 mètres, où elle est protégée de la pollution de surface et où la température reste stable tout au long de l’année.

Les scientifiques ont prouvé qu’une goutte d’eau arrivant au Baïkal y séjourne des années durant. D’après les analyses isotopiques, l’âge maximal de l’eau du lac avoisine les 400 ans.

En général, l’eau se renouvelle tous les 383 ans

Au printemps, après la débâcle, la transparence de l’eau est maximale et est égale à 40 mètres ce qui met le Baïkal en tête de tous les lacs du monde par la pureté de ses eaux et le rapproche de la transparence des eaux des océans.

Sur les photos satellite, le relief du fond est visible à 500 mètres.

Lac Baïkal - faune

Écologie bénéficiant d’un microclimat « l’œil bleu de la Sibérie » est un sanctuaire de la vie sauvage qui abrite une exceptionnelle diversité emblématique.

La faune du Baïkal est très riche et variée. Le lac est habité par 1550 espèces d’animaux dont 52 espèces de poissons de sept familles différentes.

Parmi les espèces rencontrées au sein de ses eaux, on peut citer les taïmens, truites, carassins, brochets, épinoches, perches, lottes et l’esturgeon qui peut peser jusqu’à 120 kg.

Dans le lac, vit une quantité extraordinaire de petites écrevisses, parents éloignés des homards, crabes et crevettes.Les écrevisses du Baïkal, extrêmement petites, sont les principaux acteurs du nettoyage du lac.

La faune dans la partie ouverte du lac est à 60% endémique. On y retrouve des zibelines, des écureuils et des renards mais aussi des lynx, des gloutons, des ours, des putois, des élans, des cerfs, des bœufs musqués, des moutons des neiges, des chevreuils, des lièvres et des écureuils terrestres de Sibérie. On compte également des renards bleus et des hermines.

L’ours atteint une masse de 200 à 300 kg et une taille de 2m debout. Il se nourrit généralement d’herbes, de noix de cèdre et de baies. Il peut en manger pas moins d’une dizaine de kilos par jours. Avec les premières neiges, il s’installe dans une tanière orientée au sud pour hiberner pendant 165 jours.

Dans la taïga environnant le lac, il faut redouter la rencontre avec les loups, extrêmement dangereux en hiver pendant la période de famine

Les mouettes et les canards prédominent parmi les différents types d’oiseaux. Les îles rocheuses du lac hébergent de grandes colonies de mouettes argentées.

Jusqu’en 1970 l’oiseau typique du Baïkal était le grand cormoran. Autrefois nombreux, on ne le rencontre que rarement aujourd’hui.

Les oiseaux sont particulièrement nombreux dans les deltas des rivières, dans les baies et sur les petits lacs. On peut voir des volées d’oies et de cygnes.

Par endroits, on aperçoit des hérons cendrés, des grèbes et toutes sortes de bécassines.

L’aigle jouit d’une vénération toute particulière auprès des Bouriates. Il est l’un des intervenants de nombreux mythes et légendes du Baïkal.

Selon la légende, le fils du Sévère Esprit de l’île Olkhon (le maître de l’île) à l’image de l’aigle à tête blanche fut le premier à recevoir le don chamanique. C’est pourquoi les Bouriates croient encore aujourd’hui que celui qui tue ou blesse un aigle meurt immédiatement.

Durant plusieurs siècles, cette croyance préserva les aigles, qui nichaient sur les côtes baïkaliennes, de la persécution humaine. Malheureusement l’état de la population des aigles s’est dégradé ces dernières années.

La Baïkalie compte 7 populations d’aigles : une telle diversité ne se rencontre nulle part ailleurs en Asie du Nord.

L’un des plus beaux et majestueux rapaces est l’aigle impérial, représentant parfait de l’aigle à tête blanche. Son envergure atteint 2 mètres ; il vit jusqu’à 100 ans. On ne trouve cet aigle au Baïkal que sur l’île d’Olkhon et dans la région environnante appelée « Priolkhonvé ».

Les aigles nichent dans des hauts arbres, à l’orée des bois et toujours au même endroit pendant plusieurs décennies.

Les oisillons apparaissent à la fin du mois de mai, début juin et restent au nid jusqu’à la fin août.

En hiver, les aigles migrent au Sud, notamment dans la province chinoise du Yunnan (sud de la Chine).

Des 1550 espèces animales, 848 sont uniques au monde. Les scientifiques peuvent observer au Baïkal un laboratoire naturel, unique en son genre, dans lequel se produisent les processus mystérieux de l’évolution de la vie.

Le phoque du Baïkal : le Nerpa – énigme du lac

Le Nerpa est le seul phoque d’eau douce au monde avec le phoque annelé et le phoque commun du lac des Loups Marins au nord du Québec. Il occupe tout le bassin du lac mais surtout les parties nord et centrale.

Selon les estimations des spécialistes, on recense actuellement environ 200,000 spécimens (données 2002).

Aujourd’hui encore les chercheurs émettent des hypothèses différentes sur son apparition dans le Baïkal. Selon les uns, il serait le descendant d’espèces qui peuplèrent au Tertiaire la mer intérieure disparue depuis des milliers d’années. Selon les autres, il s’agirait d’un vestige de la faune d’eau douce de l’Asie du Nord du début du Tertiaire.

Le Nerpa se nourrit de poissons que l’homme ne pêche pas, entre autres le golomianka et le chabot. En un an, il en consomme près d’une tonne. Pour trouver sa nourriture, le Nerpa plonge jusqu’à une profondeur de 200 mètres et reste 20 à 25 minutes sous l’eau. Le mâle pèse de 130 à 150 kg et peut atteindre jusqu’à 1,80 mètres de long. La femelle est plus petite.

Dans l’eau, le Nerpa peut atteindre la vitesse de 20 à 25 km/h. Il vit jusqu’à 55 ans.

Lac Baïkal – flore

La nature est généreuse envers le Baïkal. Une ceinture de forêts de conifères agrémente les chaînes de montagnes côtières, créant un paysage d’une beauté surprenante et donnant abri aux animaux et oiseaux qui les peuplent.

La taïga fait la fierté du Baïkal. Une verdure claire de mélèzes, bouleaux, peupliers et aulnes occupe la zone inférieure et recouvre les pentes des montagnes.

Plus haut, elle cède la place aux bois sombres des conifères, cèdres, épicéas et sapins. La limite des forêts dans la montagne se situe entre 1500 et 1800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Plus haut encore, les pentes sont couvertes de broussailles impénétrables de cèdres rampants au travers des entrelacements desquels seuls quelques sentiers d’ours se fraient un passage.

L’histoire des peuples de Sibérie

Les nombreux sites archéologiques des rives du lac Baïkal (plus de 700) représentent toutes les époques depuis le début de l’Holocène jusqu’aux temps modernes et témoignent des différentes cultures qui s’y sont succédées. Ils sont considérés comme un patrimoine, héritage culturel protégé, et ils sont certainement loin d’être tous découverts à ce jour.

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Parmi les nombreuses tribus de Sibérie Orientale du premier millénaire après J-C, le peuple Kourykane se distingue par son niveau de culture et son influence politique. Du VIe au Xe siècle, il était le peuple le plus puissant et le plus important de Transbaïkalie. Les Kourykanes peuplaient les rives du Baïkal, celles de l’Angara, les régions en amont de la Lena.

Les Kourykanes s’occupaient principalement de l’élevage de bétail. Ils étaient réputés pour leurs chevaux grands et puissants ainsi que les représentent plusieurs peintures rupestres. En plus des chevaux, ils élevaient aussi des chèvres et des chameaux.

Les Kourykanes furent les premiers agriculteurs de Transbaïkalie. Les vestiges des grands champs cultivés sont restés marqués près de leurs campements. Ils pratiquaient l’irrigation des champs et des espaces de fenaison. Des vestiges de leurs systèmes d’irrigation sont encore visibles, par exemple, dans la steppe de Koudinskaya et dans la vallée de la Kouda.

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Une migration de peuples eut lieu en Sibérie entre les Xe et XIIe siècle. C’est à cette époque qu’apparaissent dans cette région, les ancêtres des Bouriates. Au moment de l’arrivée des Russes, les Bouriates et les Evenques constituaient la majorité de la population.

 Beaucoup de tribus nomades peuplaient les rives du Baïkal. Les Bouriates se divisaient en tribus et en clans, lesquels étaient en mauvais termes les uns avec les autres. Les Bouriates s’occupaient principalement d’élevage de bétail. Ils se déplaçaient continuellement d’un campement à un autre, à la recherche de pâturages, de lieux propices à la chasse et à la pêche. Ils élevaient des chevaux, des bovins, des chèvres et des brebis. Le cheval représentait la richesse principale de la famille bouriate. Il procurait la viande et le lait, servait de principal moyen de locomotion et était plus facile à nourrir dans les pâtures tout au long de l’année. Nombre de Bouriates possédaient d’importantes hordes de chevaux.

Autrefois les Bouriates vivaient en tribus. À la tête de chaque tribu se tenait un prince. Le pouvoir se transmettait de génération en génération. La majorité des habitants d’une communauté étaient apparentés.

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Les Evenques peuplaient la zone de la taïga qui s’étend de la rivière Irtych jusqu’à la mer d’Okhotsk, y compris les territoires de la Léna, de l’Angara et du Baïkal. Ce peuple fut le plus nombreux de Sibérie. Dans cette région, ce peuple nomade vivait dans les territoires du nord (actuels Bodaïbo, Katchougue, Kirensk …). Ils s’occupaient de l’élevage du renne, de chasse et de pêche. Aux environs d’Irkoutsk vivaient des Toungoussy (appellation locale des Evenques) qui élevaient chevaux et bovins.

Les Evenques vivaient dans une structure sociale de clan à la tête duquel se tenaient des « Zaïssans ». Le régime du clan subissait déjà des changements ; on répartissait les domaines de chasse, le butin du chasseur appartenait à la famille de celui-ci et non au clan entier comme ce fut le cas lors de chasses collectives. Au moment de l’arrivée des Russes, les Evenques éleveurs pratiquaient déjà la propriété privée du bétail, les riches se différenciaient des autres.

D’autre part, les chamans jouaient un grand rôle dans la direction de clan. Avec les riches ils dirigeaient des réunions claniques considérées comme l’organe suprême de direction

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Dans la partie Nord des Monts Saïan vit un peuple très ancien et peu nombreux, les Tofalars. Ils sont très proches des Touvintsy (population de Touva) par la morphologie et la langue. Les Tofalars ne connaissaient ni l’agriculture ni l’élevage du bétail avant l’arrivée des Russes. Ils habitaient des huttes d’herbe, s’occupaient de chasse, de pêche et de cueillette; ils s’habillaient de peaux de bêtes.

Au XIIe siècle, les Tofalars vivaient en clans dirigés par un « stareychina », un chef âgé et sage. De temps en temps des réunions étaient organisées pour répartir les terrains de chasse entre familles. Cette époque vit le régime de « communauté primitive » s’étioler ainsi que l’apparition des premiers riches et premiers pauvres. Mais l’émergence d’un système féodal se produisit moins vite que chez les Bouriates. Les Tofalars étaient chamanistes. Être chaman pour eux n’était pas un privilège réservé exclusivement aux hommes, les femmes pouvaient également y accéder. Les chamans jouissaient d’une grande influence et en tiraient grands profits, surtout lors des traitements des malades.

Aujourd’hui en Tofalarie vivent près de 500 Tofalars, un peuple qui malheureusement est en train de disparaître.

Le Chamanisme

Le chamanisme est la religion d’origine de l’homme, la plus vieille de toutes les disciplines religieuses. La « terre de prédilection » du chamanisme dans l’Antiquité fût l’Asie Centrale et l’Asie du Nord. Bien que les pratiques chamaniques se ressemblent partout sur notre planète, on considère que l’Asie en est le berceau. Il fut découvert en Sibérie aux XVII et XVIIIe siècles.

Selon la mythologie chamanique, le chamanisme naquit avec la création de l’univers et le premier chaman fut le Fils du Ciel. L’un des derniers fiefs du chamanisme fut l’île d’Olkhon. C’est sur cette île, au milieu du Baïkal qui était considérée comme le centre sacré du monde septentrional chamanique, que fuirent plusieurs chamans lors des persécutions organisées par les lamas de l’époque de Gengis Khan.

Les échos des vieilles croyances sont encore bien vivants de nos jours. En voyageant le long des berges du Baïkal ou en Bouriatie, on peut observer de nombreux vestiges de la religion chamanique :  obo (monticules élevés en pierre de sacrifice), sergué (bouts de tissus accrochés aux endroits sacrés) ainsi que les lieux sacrés des demeures des Dieux chamaniques, montagnes, grottes et caps qui sont à l’origine de nombreuses légendes et traditions. Une audience avec un chaman en fonction n’a rien d’exceptionnel.

Véritable mer intérieure, le lac Baïkal est le berceau de légendes sur la genèse du monde : les chamans le considèrent comme un de ses piliers énergétiques.

Le Bouddhisme en Sibérie

Le bouddhisme est apparu sur le territoire de Transbaïkalie (territoires à l’est du lac Baïkal) au 18-19e siècle. En 1723, la Transbaïkalie a vu arriver des lamas de la Mongolie et du Tibet. Il est apparu des écoles de médecine tibétaine. C’est donc en 1741 que l’impératrice Lelizavéta Petrovna (Elisabeth 1e de Russie) a édité un décret selon lequel on reconnait et valide l’existence de la foi lamaïste en Bouriatie avec la construction de 11 Datsanes.

La propagation du lamaïsme provoque la disparition de la religion traditionnelle des Bouriates, le Chamanisme.

Les divinités que les Bouriates vénéraient autrefois sont assimilées aux divinités bouddhiques et les chamans reçoivent de nouveaux noms tibétains.

Cependant, après la Révolution d’Octobre, une lutte contre le bouddhisme commence à poindre et un grand nombre de Datsanes ferme.

Leur restauration ne commence que dans les années 1950. Aujourd’hui on continue à construire de nouveaux Datsanes dans la région de la Bouriatie.

Lac Baïkal - l'unesco

Inscrits par l’Unesco en 1996 au patrimoine mondial pour sa richesse écologique, ces « Galápagos de la Russie » ont produit une des faunes d’eau douce les plus riches et originales de la planète, qui présente une valeur exceptionnelle pour la science de l’évolution. On y recense 1 550 espèces animales et plus de 600 espèces végétales ; près de la moitié des espèces du lac sont endémiques comme le coméphore baïkal (golomianka).

On a trouvé plus de 250 espèces de crevettes d’eau douce dans le lac Baïkal, ce qui représente le tiers de toutes les espèces de crevettes connues.

Le lac accueille aussi une des rares espèces de phoque, vivant exclusivement en eau douce : le phoque du lac Baïkal ou nerpa, qui représente le superprédateur de l’écosystème du lac.

Le Comité a inscrit le lac Baïkal considérant qu’il constitue l’exemple le plus exceptionnel d’écosystème d’eau douce.

Le comité a fait part de sa préoccupation en ce qui concerne certains points relatifs à l’intégrité du site, y compris la pollution, qui devraient être portés à l’attention des autorités russes.

Disparition des poissons, propagation des algues et pollution des eaux par des phosphates… Le lac Baïkal est confronté à l’une des plus graves crises écologiques de son histoire longue de 25 millions d’années.

De nos jours, une quantité croissante d’algues, due à la présence de déchets liquides provenant des installations touristiques et des établissements industriels, menace l’écosystème fragile du lac.

Selon le Livre blanc du lac Baïkal, publié avec le soutien du Programme des Nations unies pour le Développement, environ 40 organisations à but non lucratif travaillent activement afin de sensibiliser et défendre le patrimoine naturel qui appartient non seulement à la Russie, mais aussi au monde entier.